En promettant 700 milliards de dollars pour relancer l’économie américaine, Joe Biden a présenté jeudi un ambitieux plan de relance de la production américaine après la crise du coronavirus, qui défie le programme économique de Donald Trump, son adversaire à la présidentielle du 3 novembre, selon l’AFP. L’ex-vice président américain, en tête dans les sondages nationaux, a voulu marquer un grand coup pour relancer sa campagne bouleversée depuis plus de trois mois par l’épidémie dans un secteur, l’économie, où il est à la traîne face au milliardaire républicain. Son plan, baptisé “Reconstruire mieux” (Build Back Better), est “audacieux, pratique et concentré sur la construction d’une économie du futur” qui sera “faite en Amérique, entièrement en Amérique”, a-t-il affirmé après la visite d’une usine à Dunmore, petite ville de Pennsylvanie d’où est originaire son père.
Cet Etat clé du nord-est fait partie de la “Ceinture de la rouille”, ces régions frappées par la désindustrialisation et le chômage qui s’étaient offertes à Donald Trump en 2016.
Ce programme prévoit de retrouver les emplois effacés par la crise du Covid-19 qui a décimé l’économie américaine comptant fin juin 18 millions de chômeurs, et de créer plus de cinq millions d’emplois supplémentaires grâce à des investissements publics massifs sur quatre ans.
400 milliards de dollars seront ainsi alloués “pour acheter des produits et du matériel dont notre pays a besoin pour moderniser les infrastructures, reconstituer nos stocks et améliorer notre sécurité”, a-t-il dit. 300 autres milliards iront à la Recherche et au développement (R&D), ainsi que dans les innovations technologiques comme les énergies renouvelables et les véhicules électriques.
“Les Chinois dépensent des milliards de dollars pour tenter de s’approprier la technologie du futur, nous restons là les bras croisés”, a-t-il affirmé. L’argent du gouvernement “sera utilisé pour acheter des produits américains et soutenir les emplois américains”, a assuré Joe Biden, devant une assistance clairsemée, distanciation physique oblige. Il a aussi promis une indépendance accrue face aux fournisseurs étrangers, une aide aux petites entreprises, notamment celles tenues par les minorités raciales, une plus grande liberté pour les salariés d’adhérer à un syndicat et une hausse du salaire horaire pour les travailleurs jugés “essentiels” pendant la pandémie.
“Cela ne suffit pas de les saluer, il faut les payer”, a-t-il lancé. “Je n’accepte pas la vue défaitiste selon laquelle les forces d’automatisation et de mondialisation nous rendent incapables de garder des emplois bien payés aux Etats-Unis et d’en créer plus”, a aussi affirmé l’ancien bras droit de Barack Obama, populaire dans l’électorat ouvrier et qui a le soutien de plusieurs organisations syndicales.